On a tous nos préférences mais on a une passion commune

 

Comment es-tu tombé dans l’informatique et plus spécialement dans le développement ?

Un peu par hasard et un peu comme tout le monde, via les jeux vidéo. Le 1er auquel j’ai joué fut le fameux Space Invader sur borne d’Arcade. Pour le développement, c’est venu plus tard à l’école en 1ere exactement, où nous avions la chance à l’époque d’avoir des Apple II E qui nous permettaient de développer en BASIC. Mais paradoxalement, de ce que je me souviens, l’expérience ne fut pas des plus réussie pour moi, et j’ai vite compris que ce n’était pas pour moi. Comme j’avais tort. Peut-être qu’il aurait fallu un professeur plus motivé et enthousiaste !
Mais bon nous n’avions pas la perspective de ce que deviendrait la micro-informatique d’aujourd’hui
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Pour toi, qu’est ce qui fait que l’on aime toujours et encore le développement, la technique ?
C’est un vaste sujet, et je suis sûr que chacun aura sa propre opinion.
Pour moi c’est la soif d’apprendre de nouvelles choses, de nouvelles techniques, et de se remettre en question à chaque instant, ce n’est pas facile, mais rend le métier tellement moins ennuyeux et il y a tellement de choses à apprendre que j’en suis certaine fois frustré.
C’est travailler sur un algorithme et n’avoir de cesse qu’il fonctionne correctement. Nous sommes, si je peux me permettre cette analogie, un peu comme des artistes, des éternels insatisfaits qui recherchent la perfection. Je me souviens d’un prof de Français, qui nous contait l’histoire d’un artiste peintre renommé (dont je ne me souviens plus le nom), qui avait croqué sur une nappe à la fin de sa vie, une simple fleur en disant « qu’il avait mis toute sa vie pour en arriver là ». Ma fleur à moi ce sont de simples lignes de codes, épurées, structurées, indentées, compréhensibles, et performantes. La simplicité n’est-elle pas un art difficile ?
La dernière raison, c’est de pouvoir travailler sur des projets innovants, qui vont aider les utilisateurs dans leur quotidien, ou dans leur job de tous les jours, et de se dire c’est en partie moi qui l’ai fait.

Tu as gardé un regard très geek : gadget, veille techno, c’est important pour ton Job et ta passion ?
Lorsque j’ai débuté le développement sur Windows, j’avais un pauvre disque de 40 Mo sur mon Compaq 386 N qui coûtait une fortune, et pour déboguer en plus de l’écran CGA ou EGA (640*200 et 640*350), j’étais obligé de brancher un écran monochrome mode caractères (type Hercule) et un outil CodeView. C’était, à bien y réfléchir bien pratique, car aujourd’hui c’est plus ou moins la config que je reproduis à la maison avec mes deux écrans pour déboguer sur Visual Studio. Mais je ne regrette rien du passé, qui se soucie aujourd’hui de connaitre les interruptions souris pour pouvoir la gérer dans son application ? Qui se soucie de monter de la LIM pour aller au-delà des 640k de mémoire du DOS ?
Je suis à fond pour que les technos et les outils évoluent, pour laisser la place à la création, à l’imagination et à la productivité, plutôt que de passer du temps sur de la plomberie (Même si pour ma part j’adore encore ça). Il y a quelques années de cela, d’ailleurs, je me suis amusé au bureau, à monter des machines virtuelles avec du Windows 1.0, 2.0, 3.0 et autres vieux outils de développement Powerbench, Visual C++ 1.0 et autres, afin de montrer à certains de mes collègues ce à quoi ils avaient échappé ;-). Définitivement les vielles technos ne sont pas importantes pour mon job aujourd’hui, par contre j’en ai tiré de grands enseignements quant à la maitrise du système et de ses ressources limitées.

Etre développeur n’est pas toujours facile : pression, évolution constante, frustration des projets et des « chefs », c’est quoi pour toi être développeur aujourd’hui ? Le job a-t-il changé depuis tes débuts ?
Le job intrinsèquement est toujours le même, on a une fonctionnalité à écrire, et il faut l’écrire de la meilleure manière qui soit. Ce qui change, ce sont les plateformes, les outils et les méthodes qui peuvent nous aider à les écrire. Je pense ici par exemple, aux méthodes agiles quelles qu’elles soient, qui, par rapport aux méthodes plus traditionnelles, en cascades ou en V, permettent a priori un meilleur taux de réussite des projets.
Ce qui ne change pas, c’est que beaucoup de personnes ne sachant pas évaluer le travail d’un développeur, partent alors du postulat, que c’est un travail facile à accomplir, et qu’il faut peu de nombre d’heures pour sortir une fonctionnalité dans les délais impartis, donc pression sur le développeur surtout s’il est junior. Le développeur, pour raccourcir les délais, se tourne alors sur internet, formidable outil de recherche de solutions, mais même si le copier/coller de code à des vertus, et si cela fonctionne, il peut engendrer des effets de bords non maitrisés. Problèmes de gestion de ressources, de performances, de sécurité, d’interopérabilités avec les standards etc.
Alors même si certains pensent qu’aujourd’hui il est plus facile de développer, puisque les méthodes évoluent et que les nouvelles plateformes de développement (.NET, JAVA, et autres), permettent de s’affranchir de pas mal de contraintes, l’évolution constante de ces dites plateformes, demandent aux développeurs d’augmenter leurs spectres de connaissances. C’est ce qui rend notre travail passionnant, mais qui exigent du temps pour bien les maitriser et qui échappent malheureusement à certaines personnes.
Le métier devient paradoxalement plus complexe à maitriser, en 1987, lorsque j’ai commencé le développement sur Windows, je ne m’imaginais pas, que 25 ans plus tard, il faudrait que mon application soit interopérable avec d’autres systèmes via le Cloud, et étant exposée sur Internet, qu’il faudrait y ajouter une dose de sécurité conséquente, pour éviter toutes entrées malveillantes. Je ne m’imaginais pas non plus, que pour une application de bureau, autre que sur un serveur, nous aurions à « penser parallèle ». Et si les outils évoluent pour développer plus facilement, un algorithme parallèle est beaucoup plus compliqué à créer et à maitriser que son pendant séquentiel et c’est beaucoup plus ardu de le trouver sur Internet. Et si vous pensez que l’on peut faire sans, votre concurrent lui n’attendra pas pour sortir une version plus rapide et plus performante que vous.

Et en dehors du boulot, qu’est-ce que tu aimes faire ? Comment trouves-tu l’équilibre entre travail, vie privé, passion, famille ?
On a un métier ou on ne compte pas les horaires, et la passion prend forcement le dessus surtout lorsque la frontière bureau/maison est extrêmement floue.
Je suis dans un groupe, où il est commun de s’isoler à la maison pour travailler, et de venir au bureau ou dans l’open space, plus, pour échanger ou se faire une bataille de Nerf (pas tout le temps quand même). Dans ce type de contexte, il est donc important de passer un accord avec soi-même et avec sa famille, car comme je le disais on ne sait plus très bien situer la frontière. Toujours est-il que pour trouver un bon équilibre et un WAF (Women Acceptance Factor) correct, pas de travail le Week-End, ni les jours fériés, et le fait même de pouvoir travailler à la maison et en fin de compte de pas avoir d’horaires fixes, me donne le temps de m’occuper des enfants et de faire du sport. Sport d’ailleurs qui m’aide toujours à résoudre les problèmes épineux, rien de mieux qu’une bonne ½ de rameur pour réfléchir. Mais ma passion reprend toujours le dessus, alors si ce n’est pas sous forme de lignes de code, c’est sous forme de jeux et pour y jouer au mieux, j’ai une passion, je monte moi-même mes PC avec les composants que je souhaite et que j’overclock, même à mon âge c’est pour dire.

Peux-tu nous présenter ton quotidien en quelques mots ?
Après mes études, je suis rentré chez Microsoft France en 1988, où j’ai développé des drivers d’imprimantes et des outils d’aide au support technique. Ensuite après un passage au support technique sur le développement, j’ai évolué en tant que consultant en développement d’applications, où je m’occupais d’un portefeuille d’éditeurs de logiciels. Job qui incluait une bonne part de développement, mais également des conseils sur l’architecture à mettre en place et les meilleures techniques de développement à appliquer pour leurs logiciels. C’est là que j’ai pris réellement conscience que j’adorais ce métier, au-delà même d’écrire des lignes de codes et que j’atteindrais sans doute mon niveau d’incompétence si je faisais autre chose.
Aujourd’hui, pour être tout à fait franc avec vous, je fais encore du développement bien évidement, mais plus pour expliquer les technologies que pour sortir un logiciel. Je ne suis donc pas assujetti à des pressions de time to market, ni de chef de projet, qui mettrait en place telle ou telle méthodologie agile. J’utilise plus mes compétences, pour assimiler les nouvelles technologies et les restituer aux développeurs sous forme d’articles, de conférences ou de bouts de code expliquant comment les utiliser à bon escient.
Aujourd’hui par exemple, mon quotidien, est d’expliquer le développement sur la prochaine version de Windows, et de démystifier ce qu’est et n’est pas une application au style Metro (nouveau paradigme de développement sur Windows 8 qui vient s’ajouter au développement traditionnel). Pour ce faire, il faut pouvoir avoir été soi-même confronté au problème. Je travaille donc actuellement en parallèle sur deux applications, qui montrent comment implémenter correctement une application Windows 8.

Comment vois-tu ton job évoluer ?
Plus que l’évolution du job, je souhaiterais que ce soient les mentalités qui évoluent, et que nous ne percevions plus les développeurs comme de simples « programmeurs », et des jobs dédiés uniquement à des juniors. Nous nous devons de faire mesurer, que derrière toutes applications il y a des développeurs de talent qui allient la créativité à la rigueur scientifique et qu’il y a une certaine noblesse dans ce métier, même si tous ne vont pas créer l’application du siècle qui pèsera plusieurs milliards d’euros.
L’une des principales raisons qui me fait dire cela, c’est que trop souvent en France, à la différence de nos voisins Anglo-Saxon, ce métier est dévalorisé, non compris par les instances dirigeantes et que l’industrie n’a encore bien souvent que le « jour-homme » comme repère d’évaluation de la valeur d’un logiciel, alors qu’il ne s’agit que d’un coût constaté avec une variabilité énorme du résultat d’un projet à l’autre. Mais il est encore loin le temps où on définira ses exigences et ses fonctionnalités dans un fichier et qu’il ne faudra qu’appuyer sur un bouton pour que le logiciel se crée de lui-même, sans passer par la case humain.
Le développement reste et restera selon moi encore pour plusieurs années pour une bonne part de l’artisanat fait main, même si l’usine à logiciel est dans toutes les têtes. Ce n’est d’ailleurs pas antinomique avec le fait d’écrire du code. L’usine à logiciel est là pour automatiser des tâches répétitives et laborieuses à faire, à écrire automatiquement du code rébarbatif et récurrent qui n’a aucun intérêt, et surtout à laisser plus de place à l’inventivité et à la créativité.
Il est loin le temps où une intelligence artificielle sera capable de transformer un algorithme séquentiel en algorithme parallèle. On aura encore besoin de femmes et d’hommes de talent de tout âge pour qu’un logiciel arrive à son terme dans les meilleures conditions.

Des conseils aux étudiants et développeurs qui nous lisent ?
C’est vrai, qu’il est flatteur pour son égo de voir « Chef » sur sa carte de visite, surtout si c’est mieux payé, mais si à 50 ans vous êtes encore développeur, c’est que vous aimez votre métier et comme je le disais, il y a une certaine noblesse dans le développement et il n’y a aucune honte à avoir à ne pas être chef de projet. Les développeurs sont et resteront des pièces essentielles, alors même si on entend que le développement est ennuyeux et répétitif, il y a tellement de domaines d’applications, que vous pourrez sans doute trouver à chaque instant votre bonheur pour peu que vous souhaitiez apprendre de nouvelles choses.
Il est toujours bon d’avoir plusieurs cordes à son arc et de ne pas se cantonner forcement à un seul langage, à une seule technologie à une seule plateforme. Cela permet de mieux se positionner sur le marché du travail, mais ça permet également d’avoir une meilleure ouverture d’esprit, et d’éviter les sempiternels combats de clochers entre développeurs, et les polémiques stériles qu’une plateforme est mieux qu’une autre. On a tous nos préférences, mais on a une passion commune.
N’oubliez pas que la dévalorisation du métier de développeur est un fait qui ne prend absolument pas en compte la plateforme utilisée, mais l’individu, et c’est d’ailleurs en tant qu’individu, que nous avons créé cette association « fier d’être développeur »  afin de revaloriser et faire revaloriser ce métier, c’est un combat apolitique bien évidement, mais qui ne pourra prendre tout son sens que si vous développeurs vous en êtes fiers et prêts à l’assumer.

Eric Vernié pour Programmez – Evangéliste Microsoft et membre fondateur de l'association 'Fier d'être développeur'




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Doylesmuff Le 07/01/2017 à 03:07:30

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