Réfléchir à la façon d'obtenir un résultat visible et performant, c'est ça qui me motive

Natacha Huguet-Millot

 

A quel âge vous êtes-vous intéressée à l’informatique ?

Quand j’étais petite je faisais du Basic sur mon Genius 2000, un ordinateur pour enfant. Mais je me suis réellement intéressée quand j’étais au lycée, au moment de choisir mon orientation.

 

Vous avez choisi de faire des études d’informatique. Avez-vous fait ce choix par passion, par hasard, par défaut ?

J’ai choisi l’informatique parce que cela combinait la science et la modernité. On ne peut pas dire que j’étais passionnée par l’informatique avant mes études car je n’avais jamais vu l’intérieur d’un ordinateur ! Cependant, j’ai développé quelques sites internet en HTML au lycée et ça m’avait alors beaucoup plu. Le fait d’avoir un résultat visible rapidement sans avoir besoin d’être hyper créatif m’a beaucoup emballé.

 

Qu’est-ce qui a motivé votre choix de vous spécialiser en tant que développeuse ?

Comme je le disais précédemment, mon choix pour l’informatique a commencé par là. Ensuite j’ai étudié le réseau, le système etc. à l’IUT mais ce n’était pas ma tasse de thé. Réfléchir à la façon d’obtenir un résultat visible et performant, c’est ça qui me motive !

 

Et aujourd’hui ?

Je ne suis plus tellement développeuse dans le sens où je ne mets plus tellement les mains dans le code. Je continue à veiller, à m’intéresser aux évolutions technologiques mais je ne code plus tellement. Je travaille néanmoins avec mon équipe technique pour décider ensemble des meilleures décisions à prendre aux moments opportuns.

 

Comment envisagez-vous votre avenir ?

Je pense que le métier de développeuse, je le ferai dorénavant surtout pour moi, en passe-temps. Ou alors j’y reviendrai un jour parce que cela me manquera trop. Je ne considère pas que ce soit un retour en arrière, une régression de redevenir développeuse après avoir fondé une société. Quand le métier nous passionne et qu’on y revient par choix, c’est une réelle évolution.

 

Ressentez-vous un manque de considération de ce métier ?

En France oui. Le métier de développeur n’est pas vraiment considéré comme un métier d’avenir. En effet, quand on est à l’école on nous dit que le but dans la vie c’est de devenir chef de projet. Alors que dans le monde entier, on manque cruellement de bons développeurs. Aux Etats-Unis, un développeur senior c’est quelqu’un qui a fait carrière. En France, c’est un vieux Geek qui n’a pas d’ambition. C’est triste. Surtout qu’un développeur senior gagnera sûrement mieux sa vie à 40 ans qu’un chef de projet !

 

Est-ce que vous pensez que les femmes sont considérées différemment des hommes dans ce métier ?

Non. Les femmes sont certes peu nombreuses, mais elles sont considérées comme des développeurs « normaux ». Même s’il parait que les femmes et les hommes ne présentent pas les mêmes avantages. Par exemple, le code d’une femme serait beaucoup plus clair à lire que celui d’un homme. Ce sont des études qui le disent, pas moi :)

 

Avez-vous envisagé de partir à l’étranger ?

Je l’ai déjà fait. Mais si je devais le refaire, ce serait dans un contexte où mes attaches me suivraient. C’est dur de partir seule dans un autre pays.

 

Si vous n’aviez pas été développeuse, quel autre métier auriez-vous aimé faire ?

J’aurais été organisatrice d’évènements (salons, expo, mariage, anniversaire…). J’aime quand on part de rien pour arriver à un résultat qui plait à tout le monde.

 

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes en général et aux étudiants en informatique en particulier ?

Vous êtes dans la bonne branche, elle ne connaitra pas la crise de sitôt ! Si vous voulez apprendre de quelqu’un, allez en agence/SSII. Si vous voulez vous former à une vitesse grand V et vous éclater, allez en start-up, il n’y a rien de plus motivant.

 

Auriez-vous une anecdote à faire partager ?

Merci d’avoir utilisé le mot « développeuse ». Je l’avais mis une fois dans mon CV et le recruteur avait ri en prétendant que ce mot n’existait pas. On n’est pas à l’abri de quelques machos de temps en temps, mais ça c’est comme partout.

 

Natacha HUGUET-MILLOT – Co-fondatrice de Curioos


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