J'aime bien l'acronyme GIGO (Garbage In, Garbage Out)

 

A quel âge vous êtes-vous intéressé à l’informatique ?

 

Je suppose que ça remonte au moment où j’étais enfant. Mon père avait acheté un ordinateur de maison (probablement un TI 99) et un livre de programme à coder. Et je me souviens que je passais des heures à recopier des lignes de code auxquelles je ne comprenais rien juste pour voir une chenille composée d’une vingtaine de pixels environ traverser l’écran et faire changer la couleur de fond de l’écran à chaque passage.

Par la suite j’ai eu des initiations à la programmation à l’école (j’adorais dessiner des rosaces en logo).

 

Vous avez choisi de faire des études d’informatique. Avez-vous fait ce choix par passion, par hasard, par défaut ?

 

Je n’ai pas fait des études d’informatique au départ, j’ai fait  une école d’ingénieur généraliste dans laquelle nous avions quelques cours d’informatique assez basiques (utilisation d’Office et programmation en C) au milieu des cours de fonderie, de mathématique du signal, de conception mécanique ou de logistique. Les travaux pratiques étaient organisés en binômes ou en trinômes d’élèves, et dans le mien, je séchais les TD de conception pour aller coder en salle informatique (bondée pendant les créneaux « libres »). C’est à ce moment que j’ai compris dans quelle voie je devais m’orienter : après cette école d’ingénieur j’ai fait un mastère spécialisé en informatique pour acquérir une base un peu plus solide qu’une trentaine d’heures de C.

 

Qu’est-ce qui a motivé votre choix de vous spécialiser en tant que développeur ?

 

Au départ ce qui me plaisait c’était la logique et la simplicité (toute relative) du dialogue homme-machine. J’aime bien l’acronyme GIGO (Garbage In, Garbage Out). La grande majorité du temps, si un programme que j’ai développé ne fonctionne pas, c’est que j’ai mal fait mon boulot (le paradoxe, c’est que l’inverse n’est pas forcément vrai J)

 

Qu’est-ce qui a motivé votre choix de rester développeur ?

 

Le développeur est un créatif qui doit traduire une connaissance souvent empirique (« je sais faire quelque chose mais je ne sais pas pourquoi je le fais de cette manière ») en une série d’instruction logique. Dans le processus il faut réussir à traduire la connaissance empirique d’un expert « métier » en connaissance théorique puis en langage de programmation. Au passage on peut essayer d’améliorer les processus en exploitant au mieux la valeur ajoutée des ordinateurs. C’est l’ensemble de cette transformation, du dialogue humain jusqu’à l’optimisation des programmes et de l’interface que je trouve passionnant.

 

Comment envisagez-vous votre avenir de développeur ?

 

En ce qui me concerne, mon métier a déjà commencé à évoluer, je fais plus de gestion de projet et de gestion d’équipe que de développement. En matière de développement j’ai tendance à prendre en charges les parties que les jeunes trouvent souvent moins sexy (SQL Server, ASP classique). Et puis j’essaye de les faire progresser en partageant mon expérience.

 

Ressentez-vous un manque de considération de votre métier ?

 

Parfois. Mais d’un autre côté je suis également conscient d’avoir des aprioris sur d’autres métiers. Donc je relativise en me disant que c’est aussi à moi d’expliquer la complexité (et la beauté) du métier de développeur aux autres. Cela crée souvent un échange avec les gens avec qui j’en parle et chacun s’enrichit au passage J

 

Si vous n’aviez pas été développeur, quel autre métier auriez-vous aimé faire ?

 

Je ne sais pas, un métier technique à coup sûr, avec pas mal de conceptuel. Je pense que l’architecture m’aurait plu mais je n’ai pas assez la fibre « graphique » pour cela.

 

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes en général et aux étudiants en informatique en particulier ?

 

De se méfier des discours de certaines écoles qui promettent d’être chef de projet une fois le diplôme obtenu ou après 1 an (c’était mon cas). La réalité du terrain c’est qu’il faut être plus patient que ça. Et puis surtout je pense qu’on peut faire carrière en tant que développeur si c’est vraiment le métier qui plait. Je connais des gens qui n’ont pas envie de gérer des projets ou d’autres personnes et c’est très bien comme ça.


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